Traitements médicamenteux de l’obésité : et après ?

Pourquoi la nutrition reste une vraie solution contrairement aux traitements médicamenteux de l’obésité ? L’obésité est aujourd’hui reconnue comme une maladie chronique multifactorielle, impliquant des dimensions biologiques, psychologiques, sociales et environnementales. Face à cette complexité, la médecine a développé ces dernières années de nouveaux traitements pharmacologiques (traitements médicamenteux de l’obésité) visant à induire une perte de poids significative. Des médicaments anciens comme l’orlistat (Xenical, Alli), le bupropion-naltrexone (Contrave, Mysimba), la phentermine-topiramate (Qsymia, Adipex-P, Lomaira), ou encore des thérapies plus ciblées comme le setmélanotide (Imcivree) ont été rejoints par les analogues du GLP-1 comme le liraglutide (Saxenda, Victoza), le sémaglutide (Ozempic, Wegovy, Rybelsus) ou le tirzépatide (Mounjaro, Zepbound), qui deviennent des traitements emblématiques. Ces nouveaux médicaments suscitent un grand espoir : dans les essais cliniques, la perte de poids peut atteindre 10 à 20 % du poids initial en un an, parfois davantage. Mais une question essentielle demeure : que se passe-t-il lorsque le patient arrête son traitement ? Objectif de l’article sur les traitements médicamenteux de l’obésité Cet article examine de manière scientifique la réalité de la reprise pondérale après l’arrêt de ces traitements, afin d’apporter un éclairage utile aux professionnels de santé. L’objectif est de souligner que si les traitements médicamenteux de l’obésité peuvent constituer une aide ponctuelle, seule une prise en charge nutritionnelle et comportementale durable permet de traiter l’obésité dans sa complexité et de prévenir les rechutes. Les traitements plus anciens : efficacité modeste et regain quasi systématique Orlistat (Xenical, Alli) L’orlistat agit par inhibition de la lipase intestinale qui participe à la digestion des graisses alimentaires. en réduisant leur absorption. La perte de poids obtenue est modeste (2 à 5 % du poids initial). À l’arrêt du traitement, les patients reprennent généralement l’ensemble du poids perdu en quelques mois, ce qui témoigne de l’absence d’effet durable sur les comportements alimentaires et les déterminants de la prise de poids. Bupropion-naltrexone (Contrave, Mysimba) Cette association vise à moduler la récompense alimentaire et la satiété. Les résultats montrent une perte de 5 à 9 % du poids initial après un an. Toutefois, comme pour les agonistes du GLP-1, l’arrêt du traitement conduit à une reprise quasi complète du poids perdu, en particulier au cours de la première année post-traitement. Phentermine-topiramate (Qsymia, Adipex-P, Lomaira) Malgré des résultats initiaux intéressants (jusqu’à 10 % du poids corporel perdu), l’usage prolongé est limité par les effets secondaires cardiovasculaires et psychiatriques. L’arrêt entraîne une reprise rapide, parfois même supérieure au poids de départ, traduisant un effet rebond marqué. Setmélanotide (Imcivree) Indiqué dans des formes très rares d’obésité d’origine génétique (déficits des récepteurs de la mélanocortine), le setmélanotide peut induire une perte de poids significative et durable, mais uniquement tant que le traitement est poursuivi. Là encore, l’arrêt se traduit par une reprise quasi systématique du poids, faute de modification structurelle des comportements alimentaires. Les nouveaux traitements : analogues du GLP-1 et agonistes du GIP L’hormone GPL-1 Le GLP-1 (pour glucagon-like peptide-1) est un peptide naturel produit par les cellules L endocrines de l’intestin, situées dans l’iléon (dernière partie de l’intestin grêle) et le côlon. Il est sécrété en réponse à la prise d’aliments contenant des glucides ou des lipides. Son rôle principal est de réguler la glycémie et l’appétit, ce qui explique l’intérêt porté à cette hormone dans le traitement du diabète de type 2 et de l’obésité. Le GLP-1 agit selon plusieurs mécanismes physiologiques. Tout d’abord, il stimule la sécrétion d’insuline de manière glucose-dépendante, ce qui signifie qu’il augmente la libération d’insuline seulement quand la glycémie est élevée, réduisant ainsi le risque d’hypoglycémie. En parallèle, il inhibe la sécrétion de glucagon, une hormone qui élève la glycémie, ce qui contribue à un meilleur contrôle du métabolisme du glucose. Sur le plan digestif, le GLP-1 ralentit la vidange gastrique, prolongeant ainsi la sensation de satiété. Au niveau du système nerveux central, il agit sur les centres hypothalamiques de la régulation de l’appétit, entraînant une réduction de la prise alimentaire. Toutefois, le GLP-1 naturel a une durée de vie très courte dans l’organisme (quelques minutes seulement), car il est rapidement dégradé. Des analogues du GLP-1 ont donc été développés et brevetés : ils reproduisent ses effets mais avec une action prolongée. En résumé, le GLP-1 est une hormone clé à l’interface entre l’intestin, le pancréas et le cerveau. Son rôle dans la régulation de la glycémie et de l’appétit en fait une cible thérapeutique majeure, mais son action naturelle montre aussi à quel point nutrition et signaux hormonaux intestinaux sont intimement liés. L’hormone GIP Le GIP (glucose-dependent insulinotropic polypeptide) est, lui, un peptide de 42 acides aminés produit par les cellules K du duodénum (première partie de l’intestin grêle). Il est sécrété en réponse à la présence de glucose et d’acides gras. Lui aussi a un effet régulateur sur l’appétit. Mais ses mécanismes d’action chez l’homme sont encore peu compris. Les agonistes du GLP-1 et du GIP : des résultats spectaculaires mais transitoires Pour luter contre l’obésité, l’astuce des laboratoires consiste à leurrer notre physiologie : des agonistes (molécules ayant des effets similaires) du GLP-1 et du GIP ont été imaginés, testés, développés et enfin commercialisés. Ces nouveaux traitements sont très onéreux (environ 300 euros/mois pendant 6 mois à 2 ans), et ce d’autant plus qu’ils ne sont pas remboursés, sauf depuis le 1er février 2025 et dans un cadre restreint et bien précis. Ils ont également la contrainte d’être, pour l’instant, des médicaments injectables seulement, avec une auto administration sous-cutanée. Liraglutide (Victoza, Saxenda) Le liraglutide, utilisé initialement dans le diabète de type 2 puis repositionné à des doses plus élevées pour l’obésité, a permis une perte de poids moyenne de 5 à 8 % du poids corporel : 8.5 kg en moyenne en 56 semaines de traitement. Dans l’essai SCALE, les patients traités par Saxenda ont maintenu une perte significative tant que le traitement était poursuivi. Mais lors de l’arrêt, une reprise rapide s’est produite : la majorité des participants regagnaient environ deux tiers du poids perdu en l’espace d’un an. Cette dynamique illustre la dépendance
